Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/215

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


en rien laisser à Thérèse, & avec très sévères défenses de m’en parler ; ordre que la pauvre fille avoit suivi avec une obéissance incroyable.

Mais une chose qui me surprit beaucoup davantage, fut d’apprendre qu’outre les entretiens particuliers que Diderot & G[...]avoient eus souvent avec l’une & l’autre pour les détacher de moi & qui n’avoient pas réussi par la résistance de Thérèse, tous deux avoient eu depuis lors de fréquens & secrets colloques avec sa mère, sans qu’elle eût pu rien savoir de ce qui se brassoit entre eux. Elle savoit seulement que les petits présens s’en étoient mêlés & qu’il y avoit de petites allées & venues dont on tâchoit de lui faire mystère, & dont elle ignoroit absolument le motif. Quand nous partîmes de Paris, il y avoit déjà long-temps que Mde. le Vasseur étoit dans l’usage d’aller voir M. G[...]deux ou trois fois par mais, & d’y passer quelques heures à des conversations si secrètes, que le laquois de G[...]étoit toujours renvoyé.

Je jugeai que ce motif n’étoit autre que le même projet dans lequel on avoit tâché de faire entrer la fille, en promettant de leur procurer par Mde. D’

[Epina] y un regrat de sel, un bureau à tabac, & les tentant en un mot, par l’appât du gain. On leur avoit représenté qu’étant hors d’état de rien faire pour elles, je ne pouvois pas même à cause d’elle parvenir à rien faire pour moi. Comme je ne voyois à tout cela que de la bonne intention, je ne leur en savois pas absolument mauvais gré. Il n’y avoit que le mystère qui me révoltât, sur-tout de la part de la vieille, qui, de plus,