Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/261

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ordinaire, j’éclatai tout ouvertement. On peut juger de mon imprudence par les lettres suivantes, qui montrent suffisamment la manière de procéder de l’un & de l’autre en cette occasion.

Billet de Mde. D’....y.

"Pourquoi donc ne vous vois-je pas, mon cher ami ? Je suis inquiète de vous. Vous m’aviez tant promis de ne faire qu’aller & venir de l’Hermitage ici. Sur cela, je vous ai laissé libre ; & point du tout, vous laissez passer huit jours. Si l’on ne m’avoit pas dit que vous étiez en bonne santé, je vous croirois malade. Je vous attendois avant-hier ou hier, & je ne vous vais point arriver. Mon Dieu, qu’avez-vous donc ? Vous n’avez point d’affaires : vous n’avez pas non plus de chagrins ; car je me flatte que vous seriez venu sur le champ me les confier. Vous êtes donc malade ! tirez-moi d’inquiétude bien vite, je vous en prie. Adieu mon cher ami : que cet adieu me donne un bonjour de vous."

Résponse.

" Je ne puis rien vous dire encore. J’attends d’être mieux instruit, & je le serai tôt ou tard. En attendant, soyez sûre que l’innocence accusée trouvera un défenseur assez ardent pour donner quelque repentir aux calomniateurs quels qu’ils soient."

Second Billet de la même.

"Savez-vous que votre lettre m’effraye ? Qu’est-ce qu’elle