Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/159

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& dans la balance, entre le riche & le pauvre, je penche toujours pour le dernier. Je vous laisse le maître du choix. À l’égard de l’autre exemplaire, il faut, s’il vous plait, le faire agréer à M. Soubeyran, avec lequel j’ai de grands torts de négligence, & non pas d’oubli ; tâchez, je vous prie, de l’engager à les oublier.

Je n’ignorois pas que l’article Genève étoit en partie de M. de Voltaire ; quoique j’aie eu la discrétion de n’en rien dire, il vous sera aisé de voir, par la lecture de l’ouvrage, que je savois, en l’écrivant, à quoi m’en tenir. Mais je trouverois bizarre que M. de Voltaire crût, pour cela, que je manquerois de lui rendre un hommage que je lui offre de très-bon cœur. Au fond, si quelqu’un devoit se tenir offensé ce seroit M. d’Alembert ; car, après tout, il est au moins le père putatif de l’article. Vous verrez, dans sa lettre ci -jointe, comment il a reçu la déclaration que je lui fis, dans le temps, de ma résolution. Que maudit soit tout respect humain qui offense la droiture & la vérité ! J’espère avoir secoué pour jamais cet indigne joug.

Je n’ai rien à vous dire sur la réimpression de l’Economie politique, parce que je n’ai pas reçu la lettre où vous m’en parlez. Mais je vous avoue que, sur l’offre de M. Du Villard, j’ai cru que l’auteur pouvoit lui en demander deux exemplaires, & s’attendre à les recevoir. S’il ne tient qu’i les payer, je vous prie d’en prendre le soin, & je vous serai rembourser cette avance avec celles que vous aurez pu faire au sujet de mon dernier écrit, & dont je vous prie de m’envoyer la note.