Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/160

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Je n’ai point lu le livre de l’Esprit ; mais j’en aime & estime l’auteur. Cependant, j’entends de si terribles choses de l’ouvrage, que je vous prie de l’examiner avec bien du soin, avant d’en hasarder un jugement ou un extrait dans votre recueil.

Adieu, mon cher V.... s, je vous aime trop pour répondre à vos amitiés ; ce langage doit être proscrit entre amis.

LETTRE AU MÊME.

Montmorenci le 21 Novembre 1758.

Cher V.... s, plaignez-moi. Les approches de l’hiver se sont sentir. Je souffre, & ce n’est pas le pire pour ma paresse. Je suis accablé de travail, & jamais mon dernier écrit ne m’a coûté la moitié de la peine & du temps à faire, que me coûteront à répondre les lettres qu’il m’attire. Je voudrois donner la préférence à mes concitoyens ; mais cela ne se peut sans m’exposer. Car, parmi les autres lettres, il y en a de très - dangereuses, dans lesquelles on me tend visiblement des piéges, auxquelles il faut pourtant répondre, & répondre promptement, de peur que mon silence même ne soit imputé à crime. Faites donc ensorte, mon ami, qu’un retard de nécessité ne soit pas attribué à négligence, & que mes compatriotes aient pour