Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/163

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suffit pas que vous en ayez un, il faut que vous l’ayez ma main. Si donc il ne vous en reste aucun des miens, marquez -le moi ; je vous, enverrai celui que je m’étois réservé, & que je n’espérois pas employer si bien. Vous serez le maître de me le payer par un exemplaire l’Economie politique ; car je n’en ai point reçu.

M. de Voltaire ne m’a point écrit. Il me met tout-à-fait à mon aise, & je n’en suis pas fâché. La lettre de M. Tronchin rouloit uniquement sur mon ouvrage & contenoit plusieurs objections très-judicieuses, sur lesqu’elles pourtant je ne suis pas de son avis.

Je n’ai point oublié ce que vous voulez bien désirer sur le choix littéraire. Mais, mon ami, mettez-vous à ma place ; je n’ai pas le loisir ordinaire aux gens de lettres. Je suis si près de mes pièces, que si je veux dîner, il faut que je le gagne ; si je me repose, il faut que je jeûne, & je n’ai pour le métier d’auteur que mes courtes récréations. Les foibles honoraires que m’ont rapporté mes écrits, m’ont laissé le loisir d’être malade, & de mettre un peu plus de graisse dans ma soupe ; mais tout cela est épuisé, & je suis plus près de mes pièces que je ne l’ai jamais été. Avec cela, il faut encore répondre à cinquante mille lettres, recevoir mille importuns, & leur offrir l’hospitalité. Le temps s’en va & les besoins restent. Cher ami, laissons passer ces temps durs de maux, de besoins, d’importunités, & croyez que je ne ferai rien si promptement & avec tant de plaisir que d’achever le petit morceau que je vous destine, & qui