Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/164

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malheureusement ne sera guère au goût de vos lecteurs ni de vos philosophes ; car il est tiré de Platon.

Adieu, mon bon ami ; nous sommes tous deux occupés ; vous, de votre bonheur ; moi, de mes peines : mais l’amitié partage tout. Mes maux s’allègent quand je songe que vous les plaignez ; ils s’effacent presque par le plaisir de vous croire heureux. Ne montrez cette lettre à personne, au moins le dernier article. Adieu derechef

LETTRE À Mr. V.....s.

Montmorenci le 14 Juin 1759.

Je suis négligent, cher V.... s, vous le savez bien ; mais vous savez aussi que je n’oublie pas mes amis. Jamais je ne m’avise de compter leurs lettres ni les miennes, & quelqu’exacts qu’ils puissent être, je pense à eux plus souvent qu’ils ne m’écrivent. En rien de ce monde, je ne m’inquiète de mes torts apparens, pourvu que je n’en aie pas de véritables, & j’espère bien n’en avoir jamais à me reprocher avec vous. Quand M. Trochin vous a dit que j’avois pris le parti de ne plus aller à Genève, il a, lui, pris la chose au pis. Il y a bien de la différence entre n’avoir pas pris, quant à présent, la résolution d’aller à Genève, ou avoir pris celle de n’y aller plus. J’ai si peu pris cette dernière, que si je savois y pouvoir être de la moindre utilité à quelqu’un ou seulement