Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/177

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faute si l’on ne m’a pas écouté ; du reste, je me suis fait une loi de m’en tenir toujours aux vérités générales ; je ne fais ni libelles, ni satires ; je n’attaque point un homme mais les hommes ; ni une action, mais un vice. Je ne saurois, Monsieur, aller au -delà.

Vous avez pris un meilleur expédient en écrivant à M..... il est fort ami de........ & se seroit certainement écouter, s’il lui parloit pour nos frères ; mais doute qu’il mette un grand, zèle à sa recommandation ; mon cher Monsieur, la volonté lui manque, à moi le pouvoir ; & cependant le juste pâtit. Je vois par votre lettre que vous avez, ainsi que moi, appris à souffrir à l’école de la pauvreté ; hélas ! elle nous fait compatir aux malheurs des autres, mais elle nous met hors d’état de les soulager. Bon jour, Monsieur, je vous salue de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. M.....u.

À Montmorenci le 16 Février 1762.

Plus de Monsieur, cher M......u, je vous en supplie ; je ne puis souffrir ce mot -là entre gens qui s’estiment & qui s’aiment : je tâcherai de mériter que vous ne vous en serviez plus avec moi.

Je suis touché de vos inquiétudes sur ma sûreté ; mais