Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/185

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En voilà beaucoup, Monsieur, sur une affaire dont j’ai le cœur plein, mais le vôtre est fait pour sentir & pardonne ces choses-là.

LETTRE À Mr. M.....u.

Montmorenci le 30 Mai 1762.

L’état critique où étoient vos enfans, quand vous m’avez écrit, me fait sentir pour vous la sollicitude & les allarmes paternelles. Tirez-moi d’inquiétude aussitôt que vous le pourrez : car, cher M.....u, je vous aime tendrement.

Je suis très-sensible au témoignage d’estime que je reçois de la part de M. de Reventlouv, dans la lettre dont vous m’avez envoyé l’extrait ; mais outre que je n’ai jamais aimé la poësie française, & que n’ayant fait de vers depuis très-long-temps j’ai absolument oublié cette petite mécanique ; je vous dirai de plus, que je doute qu’une pareille entreprise eût aucun succès, & quant à moi du moins, je ne sais mettre en chanson rien de ce qu’il faut dire aux princes ; ainsi je ne puis me charger du soin dont veut bien m’honorer M. de Reventlouv. Cependant, pour lui prouver que ce refus ne vient point de mauvaise volonté, je ne refuserai point d’écrire un mémoire pour l’instruction du jeune prince, si M. de Reventlouv veut m’en prier. Quant à la récompense, je sais d’où la tirer, sans qu’il s’en donne le soin. Aussi