Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/186

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bien, quelque médiocre que puisse être mon travail en lui-même, si je faisois tant que d’y mettre un prix, il seroit tel que ni M. de Reventlouv, ni le roi de Dannemarc ne pourroient le payer.

Enfin, mon livre paroît depuis quelques jours, & il est parfaitement prouvé par l’événement que j’ai payé les soins officieux d’un honnête homme des soupçons les plus odieux. Je ne me consolerai jamais d’une ingratitude aussi noire, & je porte au fond de mon cœur le poids d’un remords qui ne me quittera plus.

Je cherche quelque occasion de vous envoyer des exemplaires, &, si je ne puis faire mieux, du moins le vôtre, avant tout. Il y a une édition de Lyon qui m’est très-suspecte, puisqu’il ne m’a pas été possible d’en voir les feuilles ; d’ailleurs, le libraire.....qui l’a faite s’est signalé dans cette affaire par. tant de manœuvres artificieuses, nuisibles à Néaulme & à Duchesne, que la justice, aussi bien que l’honneur de l’auteur, demandent que cette édition soit décriée autant qu’elle mérite de l’être. J’ai grand peur que ce ne soit la seule qui sera connue où vous êtes, & que Genève n’en soit infecté. Quand vous aurez votre exemplaire, vous serez en état de faire la comparaison, & d’en dire votre avis.

Vous avez bien prévu que je serois embarrassé du transport des Fables de la Fontaine. Moi que le moindre tracas effarouche, & qui laisse dépérir mes propres livres dans les transports, faute d’en pouvoir prendre le moindre soin ; jugez. du souci où me met la crainte que celui-là ne soit pas assez bien emballé pour ne pas souffrir en route, & la difficulté