Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/217

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Quoique tout ce que vous m’écrivez, Madame, me soit intéressant, l’article le plus important de votre dernière lettre en mérite une toute entière, & sera l’unique sujet de celle-ci. Je parle des propositions qui vous ont fait hâter votre retraite à la campagne. La réponse négative que vous y avez faite, & le motif qui vous l’a inspirée, sont, comme tout ce que vous faites, marqués au coin de la sagesse de la vertu ; mais je vous avoue, mon aimable voisine, que les jugemens que vous portez sur la conduite de la personne, me paroissent bien sévères, & je ne puis vous dissimuler que, sachant combien sincèrement il vous étoit attaché, loin de voir dans son éloignement un signe de tiédeur, j’y ai bien plutôt vu les scrupules d’un cœur qui croit avoir à se défier de lui - même ; & le genre de vie qu’il choisit à sa retraite montre assez ce qui l’y a déterminé. Si un amant quitté pour la dévotion, ne doit pas se croire oublié, l’indice est bien plus sort dans les hommes ; & comme cette ressource leur est moins naturelle, il faut qu’un besoin plus puissant les force d’y recourir. Ce qui m’a confirmé dans mon sentiment, c’est son empressement à revenir, du moment qu’il a cru pouvoir écouter son penchant sans crime ; & cette démarche, dont