Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/241

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Vous m’assurez qu’un grand nombre de lecteurs me traitent d’homme plein d’orgueil, de présomption, d’arrogance ; vous avez soin d’ajouter que ce sont là leurs propres expressions. Voilà, Monsieur, de fort vilains vices dont je dois tâcher de me corriger. Mais sans doute ces Meilleurs qui usent si libéralement de ces termes, sont eux - mêmes si remplis d’humilité, de douceur, & de modestie qu’il n’est pas aisé d’en avoir autant qu’eux.

Je vois, Monsieur, que vous avez de la santé, du loisir, & du goût pour la dispute. Je vous en fais mon compliment ; & pour moi qui n’ai rien de tout cela, je vous salue, Monsieur, de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. P. CHAPPUIS.

Motiers le 2 Février 1765.

J’ai lu, Monsieur, avec grand plaisir la lettre dont vous m’avez honoré le 18 Janvier. J’y trouve tant de justesse, de sens, & une si honnête franchise, que j’ai regret de ne pouvoir vous suivre dans les détails où vous y êtes entré. Mais, de grâce, mettez-vous à ma place ; supposez-vous malade, accablé de chagrins, d’affaires, de lettres, de visites, excédé d’importuns de toute espèce qui, ne sachant que faire de leur temps, absorberoient impitoyablement le vôtre, & dont chacun voudroit vous occuper de lui seul &