Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/242

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de ses idées. Dans cette position, Monsieur, car c’est -la mienne, il me faudroit dix têtes, vingt mains, quatre secrétaires & des jours de quarante-huit heures pour répondre à tout ; encore ne pourrois-je contenter personne, parce que souvent deux lignes d’objections demandent vingt pages de solutions.

Monsieur, j’ai dit ce que je savois, & peut-être ce que je ne savois pas, ce qu’il y a de sûr, c’est que je n’en fais pas davantage ; ainsi je ne serois plus que bavarder, il vaut mieux me taire. Je vois que la plupart de ceux qui m’écrivent pensent comme moi sur quelques points & différemment sur d’autres : tous les hommes en sont à-peu-près là ; il ne faut point se tourmenter de ces différences inévitables, surtout quand on est d’accord sur l’essentiel, comme il me paroît que nous le sommes vous & moi.

Je trouve les chefs auxquels vous réduisez les éclaircissemens à demander au conseil assez raisonnables. Il n’y a que le premier qu’il faut retrancher comme inutile, puisque ne voulant jamais rentrer dans Genève, il m’est parfaitement égal que le jugement rendu contre moi soit ou ne soit pas redressé. Ceux qui pensent que l’intérêt, ou la passion m’a fait agir dans cette affaire, lisent bien mal le fond de mon cœur. Ma conduite est une, & n’a jamais varié sur ce point si mes contemporains ne me rendent pas justice est ceci, je m’en console en me la rendant à moi-même, & je l’attends de la postérité.

Bon jour, Monsieur ; vous croyez que j’ai fait avec vous en finissant ma lettre. Point du tout, ayant oublié votre