Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/255

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de ma part, M. de la Roche, je ne doute pas qu’il n’eut la complaisance de le lui montrer.

Je ne vous connois, Monsieur, que par vos lettres, mais elles respirent la droiture & l’honnêteté ; elles me donnent la plus grande opinion de votre ame, l’estime que vous m’y témoignez me flatte, & je suis bien aise que vous sachiez qu’elle fait une des consolations de ma vie.

LETTRE À Mr. DU PEYROU.

Vendredi 12 Avril 1765.

Plus j’étois touché de vos peines, plus j’étois fâché contre vous ; & en cela j’avois tort ; le commencement de votre lettre me le prouve. Je ne suis pas toujours raisonnable, mais j’aime toujours qu’on me parle raison. Je voudrois connoître vos peines pour les soulager, pour les partager du moins. Les vrais épanchemens du cœur veulent non-seulement l’amitié, mais la familiarité ; & la familiarité ne vient que par l’habitude de vivre ensemble. Puisse un jour cette habitude si douce, donner entre nous à l’amitié tous ses charmes ! je les sentirai trop bien, pour ne pas vous les faire sentir aussi.

Au train donc la neige tombe, nous en aurons ce soir plus d’un pied cela & mon état encore empiré, m’ôtera le plaisir de vous aller voir aussitôt que je l’espérois. Sitôt que je le pourrai, comptez que vous verrez celui qui vous aime.