Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/259

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la botanique par remède, quand vous ne la prendriez pas par goût. Au reste, je vous avertis que le charme de cette science consiste surtout dans l’étude anatomique des plantes. Je n puis faire cette étude à mon gré, faute des instrumens nécessaire, comme microscopes de diverses mesures de foyer, petites pinces bien menues, semblables aux brusselles des joailliers ; ciseaux très-fins à découper. Vous devriez tâcher de vous pourvoir de tout cela pour notre course ; & vous verrez que l’usage en est très-agréable & très-instructif.

Vous me parlez du temps remis : il ne l’est assurément pas ici ; j’ai fait quelques essais de sortie qui m’ont réussi médiocrement, & jamais sans pluie. Il me tarde d’aller vous embrasser, mais il faut faire des visites, & cela m’épouvante un peu, surtout vu mon état.

Quand verrez-vous la fin de ce vilain procès ? Je voudrois aussi voir déjà votre bâtiment fini, pour y occuper ma cellule, & vous appeler tout de bon, mon cher hôte ; bon jour.

LETTRE AU MÊME.

Jeudi 23 Mai 1765.

Espère, mon cher hôte, que cette vilaine goutte n’aura fait que vous menacer. Dansez & marchez beaucoup ; tourmentez-la si bien, qu’elle nous laisse en repos projeter & faire notre course ; on dit que les pélerins n’ont jamais la goutté ; rien n’est donc tel pour l’éviter, que de se faire pélerin.