Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/325

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& d’honneur qui sont gravés dans mon cœur, n’en sortiront jamais qu’avec mon dernier soupir. J’espère pour cette fois, que je me serai exprimé clairement.

Il ne saut pas, mon cher Monsieur, je vous en prie, mettre tant de formalités à l’affaire de mes livres. Ayez la bonté de montrer le catalogue à un libraire, qu’il note les prix de ceux des livres qui en valent la peine. Sur cette estimation, voyez s’il y en a quelques-uns dont vous ou vos amis puissiez vous accommoder ; brûlez le reste, & ne cédez rien à aucun libraire, afin qu’il n’aille pas sonner la trompette par la ville, qu’il a des livres à moi. Il y en a quelques - uns, entr’autres le livre de l’Esprit, in-4º. de la première édition, qui est rare, & où j’ai fait quelques notes aux marges ; je voudrois bien que ce livre-là ne tombât qu’entre des mains amies. J’espère, mon bon & cher hôte, que vous ne me serez pas le sensible affront de refuser le petit cadeau de mes ouvrages.

Les estampes avoient été mises par mon ami, dans le ballot des livres de botanique qui m’a été envoyé ; elles ne s’y sont pas trouvées, & les porte - feuilles me sont arrivés vides : j’ignore absolument où Becket a jugé à propos de fourrer ce qui était dedans.

Je voulois remettre à des momens plus tranquilles de vous parler en détail de vos envois ; ce qui m’en plaît le plus est que, si vous entendez que je reste dans votre maison jusqu’à ce que la muscade & la canelle soient consommées, je n’en démarrerai pas d’un bon siècle. Le tabac est très -bon, & même trop bon, puisqu’il s’en consomme plus vite ; je vous