Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/330

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sinon qu’il étoit vieux, qu’il écrivoit avec peine, qu’il avoit cessé d’écrire à ses parens, &c. Vous jugez si mon cœur est la dupe de pareils prétextes. Mde. la Duchesse de Portland, avec qui j’ai fait connoissance l’été dernier chez un voisin, m’a porté en même temps le plus sensible coup, en me marquant que les nouvelles publiques l’avoient dit à l’extrémité, & me demandant de ses nouvelles. Dans ma frayeur, je me suis hâté d’écrire à M. Rougemont pour savoir ce qu’il en étoit. Il m’a rassuré sur sa vie, en me marquant qu’en effet, il avoit été fort mal, mais qu’il étoit beaucoup mieux. Qui me rassurera maintenant sur son cœur ? Depuis le 22 Novembre, date de sa dernière lettre, je lui ai écrit plusieurs fois ; & sur quel ton ! Point de réponse. Pour comble, je ne sais quelle contenance tenir vis - à - vis de Mde. de Portland, à qui je ne puis différer plus long-temps de répondre, & à qui je ne veux pas dire ma peine. Rendez-moi, je vous en conjure, le service essentiel d’écrire à Milord Maréchal ; engagez-le à ne pas me juger sans m’entendre ; à me dire au moins de quoi je suis accusé. Voilà le plus cruel des malheurs de ma vie, & qui terminera tous les autres.

J’oubliois de vous dire que M. le Duc de Graston, premier Commissaire de la Trésorerie, ayant appris la vexation exercée à la douane, au sujet de mes livres, a fait ordonner au Douanier de rembourser cet argent à Becket qui l’avoit payé pour moi, & que dans le billet par lequel il m’en a fait donner avis, il a ajouté un compliment très-honnête de la part du Roi. Tout cela est fort honorable, mais ne