Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/342

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Comme on trouve des fiacres à St. Denis ; sans prendre la peine d’y venir vous-même, il suffit que vous ayez la bonté d’envoyer un domestique qui nous conduite dans l’asile hospitalier que vous voulez bien me destiner. Il m’a été impossible de rester inconnu comme je l’avois désiré, & je crains bien que mon nom ne me suive à la piste. À tout événement, quelque nom que me donnent les autres, je prendrai celui de M. Jaques, & c’est sous ce nom que vous pourrez me faire demander aux trois-Maillets. Rien n’égale le plaisir avec lequel je vais habiter votre maison, si ce n’est le tendre empressement que j’ai d’en embrasser le vertueux maître.

LETTRE À Mr. D. P.....u.

Le 5 Juin 1767.

Je n’ai pu, mon cher hôte, attendre comme je l’avois compté, de vos nouvelles à Amiens. Les honneurs publics qu’on a voulu m’y rendre, & mon séjour en cette ville devenu trop bruyant, par les empressemens des citoyens & des militaires, m’a forcé de m’en éloigner au bout de huit jours. Je suis maintenant chez le digne ami des hommes, où, après une si longue interruption, j’attends enfin quelque mot de vous. Mon intention est de ne rien épargner pour avoir avec vous une entrevue, dont mon cœur a le plus grand besoin, & si vous pouvez venir jusqu’à Dijon, je