Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/364

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& les sont danser. Votre seule proposition m’a déjà mis moi vieux radoteur parmi ces enfans-là, & il s’en faut peu que ma muse chenue ne soit prête à se ranimer aux accens de la vôtre, ou même à la seule annonce de ces accens. Je ne vous en dirai pas aujourd’hui davantage, car votre proposition m’a tout l’air de n’être qu’une vaine amorce, pour voir si le vieux sou mordroit encore à l’hameçon. À présent que vous en avez à-peu-près le plaint, dites-moi tout rondement ce qui en est, & je vous dirai franchement, moi, ce que j’en pense & ce que je crois y pouvoir faire. Après cela si le cœur vous en dit, nous en pourrons causer avec mon aimable payse, qui nous donnera sur tout cela de très-bons conseils. Adieu, mon illustre ami ; je vous embrasse avec respect, mais de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. GRANVILLE.

À Trie le 25 Janvier 1768.

Je n’aurois pas tardé si long - temps, Monsieur, à vous remercier du plaisir que m’a fait la lettre dont vous m’avez honoré le 6 Novembre, sans beaucoup de tracas qui, venus à la traverse, m’ont empêché de disposer de mon temps comme j’aurois voulu. Les témoignages de votre souvenir & de votre amitié me seront toujours aussi chers que vos honnêtetés & vos bontés m’ont été sensibles pendant tout le temps que j’ai eu le bonheur d’être votre voisin. Ce qui