Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/413

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de ce que j’ai seroit longue ; celle de ce qui me maque plus longue encore : mais si vous vouliez m’envoyer celle de ce que vous enverra Gagnebin, j’y pourrois noter ce qui me manque, afin que le reste étant superflu dans mon herbier, pût demeurer dans le vôtre. Je me suis ruiné en livres de botanique, & j’avois bien résolu de n’en plus acheter ; cependant je sens que m’affectionnant aux plantes des Alpes, je ne puis me passer de celui de Haller. Vous m’obligerez de vouloir bien me marquer exactement son titre, son prix, & le lieu où vous l’avez trouvé ; car la France est si barbare encore en botanique, qu’on n’y trouve presque aucun livre de cette science ; & j’ai été obligé de faire venir grands frais de Hollande & d’Angleterre, le peu que j’en ai ; encore ai-je cherché partout ceux de Clusius sans pouvoir les trouver.

Voilà bien du bavardage sur la botanique, dont je vois avec grand regret que vous avez tout-à-fait perdu le goût. Cependant puisque vous avez un peu fêté mon Apocyn, j’ai grande envie de vous envoyer quelques graines de l’arbre de soie, & de la pomme de canelle, qu’on m’a dernièrement apportées des Isles. Quand vous commencerez à meubler votre jardin, je suis jaloux d’y contribuer. Bonjour, mon cher hôte, nous vous embrassons & vous saluons l’un & l’autre de tout notre cœur.