Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/71

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BILLET DE JULIE.

N’emportez pas l’opinion d’avoir rendu votre éloignement nécessaire. Un cœur vertueux sauroit se vaincre ou se taire, & deviendroit peut-être à craindre. Mais vous… vous pouvez rester.

RéPONSE. Je me suis tu long-tems, votre froideurs m’a fait parler à la fin. Si l’on peut se vaincre pour la vertu, l’on ne supporte point le mépris de ce qu’on aime. Il faut partir.

II. BILLET DE JULIE. Non, Monsieur ; après ce que vous avez paru sentir : après ce que vous m’avez osé dire, un homme tel que vous avez feint d’être ne part point ; il fait plus.

RéPONSE. Je n’ai rien feint, qu’une passion modérée, dans un cœur au désespoir. Demain vous serez contente, & quoi que vous en puissiez dire, j’aurai moins fait que de partir.