Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/193

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suis pas Chrétien, parce que je rejette la Révélation ; & ils prouvent que je rejette la Révélation, parce que je ne crois pas aux miracles.

Mais pour que cette conséquence fut juste, il faudroit de deux choses l’une : ou que les miracles fussent l’unique preuve de la Révélation, ou que je rejetasse également les autres preuves qui l’attestent. Or il n’est pas vrai que les miracles soient l’unique preuve de la Révélation, & il n’est pas vrai que je rejette les autres preuves ; puisqu’au contraire on les trouve établies dans l’Ouvrage même où l’on m’accuse de détruire la Révélation. *

[ *Il importe de remarquer que le Vicaire pouvoit trouver beaucoup d’objections comme Catholique, qui sont nulles pour un Protestant. Ainsi le scepticisme dans lequel il reste ne prouve en aucune façon le mien, surtout après la déclaration très-expresse que j’ai faite à la fin de ce même Ecrit. On voit clairement dans mes principes que plusieurs des objections qu’il contient portent à faux. ]

Voilà précisément à quoi nous en sommes. Ces Messieurs, déterminés à me faire, malgré moi, rejetter la Révélation, comptent pour rien que je l’admette sur les preuves qui me convainquent, si je ne l’admets encore sur celles qui ne me convainquent pas ; & parce que je ne le puis, ils disent que je la rejette. Peut-on rien concevoir de plus injuste & de plus extravagant ?

Et voyez de grâce si j’en dis trop ; lorsqu’ils me font un crime de ne pas admettre une preuve que non-seulement Jésus n’a pas donnée, mais qu’il a refusée expressément.

Il ne s’annonça pas d’abord par des miracles, mais par la prédication. À douze ans il disputoit déjà dans le Temple