Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/229

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la conduite, autre chose sont les Ecrits. Vivre selon la Réformation, c’est professer la Réformation, quoiqu’on se puisse écarter par erreur de sa doctrine dans de blâmables Ecrits, ou commettre d’autres péchés qui offensent Dieu, mais qui par le seul fait ne retranchent pas le délinquant de l’Eglise Cette distinction, quand on pourroit la disputer en général, est ici dans le serment même ; puisqu’on y sépare, en deux articles ce qui n’en pourroit faire qu’un, si la profession de la Religion étoit incompatible avec toute entreprise contre la Religion. On y jure, par le premier, de vivre selon la Réformation ; & l’on y jure, par le dernier, de ne rien entreprendre contre la Réformation. Ces deux articles sont très-distincts, & même séparés par beaucoup d’autres. Dans le sens du Législateur, ces deux choses sont donc séparables. Donc quand j’aurois violé ce dernier article, il ne s’ensuit pas que j’aye violé le premier.

Mais ai-je violé ce dernier article ?

Voici comment l’Auteur des Lettres écrites de la Campagne établit l’affirmative, page 30.

" Le serment des Bourgeois leur impose l’obligation de ne faire ne souffrir être faites aucunes pratiques, machinations ou entreprises contre la Ste. Réformation Evangélique. Il semble que c’est un peu*

[*Cet un peu, si plaisant & si différent du ton grave & décent du reste des Lettres, ayant été retranché dans la seconde édition, je m’abstiens d’aller en quête de la griffe, à qui ce petit bout, non d’oreille, mais d’ongle, appartient] pratiquer & machiner contre elle, que de chercher à prouver, dans