Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/244

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


plus indécens, les plus insultans au Christianisme, aux bonnes mœurs, les plus destructifs de toute vertu, de toute morale, ceux mêmes que Rousseau a cru devoir réfuter ? On eût cherché les motifs secrets d’une partialité si choquante ; on les eût trouvés dans le zele de l’Accusé pour la liberté, & dans les projets des Juges pour la détruire. Rousseau eût passé pour le martyr des Loix de sa Patrie. Ses persécuteurs, en prenant en cette seule occasion le masque de l’hypocrisie, eussent été taxés de se jouer de la Religion, d’en faire l’arme de leur vengeance & l’instrument de leur haine. Enfin, par cet empressement de punir un homme dont l’amour pour sa Patrie est le plus grand crime, ils n’eussent fait que se rendre odieux aux gens de bien, suspects a la Bourgeoisie & méprisables aux Etrangers." Voilà, Monsieur, ce qu’on auroit pu dire ; Voilà tout le risque qu’auroit couru le Conseil dans le cas supposé du délit, en s’abstenant d’en connoître.

Quelqu’un a eu raison de dire qu’il faloît brûler l’Evangile ou les Livres de M. Rousseau.

La commode méthode que suivent toujours ces Messieurs contre moi ! S’il leur faut des preuves, ils multiplient les assertions ; & s’il leur faut des témoignages, ils font parler des Quidams.

La sentence de celui-ci n’a qu’un sens qui ne soit pas extravagant, & ce sens est un blasphême.

Car quel blasphême n’est-ce pas de supposer l’Evangile & le Recueil de mes Livres si semblables dans leurs maximes, qu’ils se suppléent mutuellement, & qu’on en puisse indifféremment