Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/366

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Jamais, comme qu’on s’y prenne, des règlemens contradictoires ne pourront être observés à la fois. On permet, on autorise le droit de Représentation ; & l’on reproche aux Représentans de manquer de consistance, en les empêchant d’en avoir ! Cela n’est pas juste, & quand on vous met hors d’état de faire en corps vos démarches, il ne faut pas vous objecter que vous n’êtes que des particuliers. Comment ne voit-on point que si le poids des Représentations dépend du nombre des Représentans, quand elles sont générales il est impossible de les faire un à un ; & quel ne seroit pas l’embarras du Magistrat, s’il avoit à lire successivement les Mémoires ou à écouter les discours, d’un millier d’hommes, comme il y est obligé par la Loi ?

Voici donc la facile solution de cette grande difficulté que l’Auteur des Lettres fait valoir comme insoluble : *

[* Page 88.] Que lorsque le Magistrat n’aura eu nul égard aux plaintes des particuliers portées en Représentations, il permette l’assemblée des Compagnies bourgeoises ; qu’il la permette séparément, en des lieux, en des tems, différens ; que celles de ces Compagnies qui voudront à la pluralité des suffrages appuyer les Représentations, le fassent par leurs Députés. Qu’alors le nombre des Députés représentans se compte ; leur nombre total est fixe ; on verra bientôt si leurs vœux sont ou ne sont pas ceux de l’Etat.

Ceci ne signifie pas, prenez-y bien garde, que ces assemblées partielles puissent avoir aucune autorité, si ce n’est de faire entendre leur sentiment sur la matière des Représentations.