Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/378

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soient les supérieurs des particuliers, cette supériorité ne les dispense pas d’accorder à leurs inférieurs ce qu’ils leur doivent, & les termes respectueux qu’emploient ceux-ci pour le demander n’ôtent rien au droit qu’ils ont de l’obtenir. Une Représentation est, si l’on veut, un ordre donné au Conseil, comme elle est un ordre donné au premier Syndic à qui on la présente, de la communiquer au Conseil ; car c’est ce qu’il est toujours obligé de faire, soit qu’il approuve la Représentation, soit qu’il ne l’approuve pas.

Au reste, quand le Conseil tire avantage du mot de Représentation, qui marque infériorité ; en disant une chose que personne ne dispute, il oublie cependant que ce mot employé dans le Règlement n’est pas dans l’Edit auquel il renvoye, mais bien celui de Remontrances qui présente un tout autre sens ; à quoi l’on peut ajouter qu’il y a de la différence entre les Remontrances qu’un corps de Magistrature fait à son Souverain, & celles que des membres du Souverain font à un corps de Magistrature. Vous direz que j’ai tort de répondre à une pareille objection ; mais elle vaut bien la plupart des autres.

7. Celle enfin d’un homme en crédit contestant le sens ou l’application d’une Loi qui le condamne, & séduisant le public en sa faveur, est telle que je crois devoir m’abstenir de la qualifier. Eh ! qui donc a connu la Bourgeoisie de Geneve pour un Peuple servile, ardent, imitateur, stupide, ennemi des loix, & si prompt à s’enflammer pour les intérêts d’autrui ? Il faut que chacun ait bien vu le sien compromis dans les affaires publiques, avant qu’il puisse se résoudre à s’en mêler.