Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/411

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Vous vous rappellerez encore, que dans un Mémoire imprimé en 1745, un membre proscrit des Deux-Cents jetta de violens soupçons sur la fidélité des Edits imprimés en 1713, & réimprimés en 1735, deux époques également suspectes. Il dit avoir collationné sur des Edits manuscrits ces imprimés, dans lesquels il affirme avoir trouvé quantité d’erreurs dont il a fait note, & il rapporte les propres termes d’un Edit de 1556, omis tout entier dans l’imprimé. À des imputations si graves le Conseil n’a rien répondu, & les Citoyens ont gardé le silence.

Accordons, si l’on veut, que la dignité du Conseil ne lui permettoit pas de répondre alors aux imputations d’un proscrit. Cette même dignité, l’honneur compromis, la fidélité suspectée exigeoient maintenant une vérification que tant d’indices rendoient nécessaire, & que ceux qui la demandoient avoient droit d’obtenir.

Point du tout. Le petit Conseil justifie le changement fait à l’Edit, par un ancien usage auquel le Conseil général ne s’étant pas opposé dans son origine n’a plus droit de s’opposer aujourd’hui.

Il donne pour raison de la différence qui est entre le Manuscrit du Conseil & l’imprimé, que ce Manuscrit est un recueil des Edits avec les changemens pratiqués, & consentis par le silence du Conseil général ; au lieu que l’imprimé n’est que le recueil des mêmes Edits, tels qu’ils ont passé en Conseil général.

Il justifie la confirmation du Trésorier contre l’Edit qui veut que l’on en élise un autre, encore par un ancien usage.