Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/520

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décision arbitraires parmi des arrêts faits pour représenter ce jugement, &, qui plus est, pour le déterminer. Il devoit s’efforcer au contraire de mettre la Cour-d’honneur au dessus de lui, comme soumis lui-même à ses décrets respectables. II ne faloit donc pas commencer par condamner à mort tous les. duellistes indistinctement ; ce qui étoit mettre d’emblée une opposition choquante entre l’honneur & la loi : car la loi même ne peut obliger personne à se déshonorer. Si tout le Peuple a juge qu’un homme est poltron, le Roi, malgré toute sa puissance, aura beau le déclarer brave, personne n’en croira rien ; & cet homme, passant alors pour un poltron qui veut être honore par force, n’en sera que plus méprise. Quant à ce que disent les édits, que c’est offenser Dieu de se battre, c’est un avis fort pieux sans doute ; mais la loi civile n’est point juge des péchés, &, toutes les fois que l’autorité souveraine voudra s’interposer dans les conflits de l’honneur & de la Religion, elle sera compromise des deux cotes. Les mêmes édits ne raisonnent pas mieux, quand ils disent qu’au-lieu de se battre, il faut s’adresser aux Maréchaux : condamner ainsi le combat sans distinction, sans réserve, c’est commencer par juger soi-même ce qu’on renvoie à leur jugement. On fait bien qu’il ne leur est pas permis d’accorder le duel, même quand l’honneur outrage, n’a plus d’autres ressources ; & selon les préjugés du monde, il y a, beaucoup de semblables cas : car, quant aux satisfactions cérémonieuses, dont on a voulu payer l’offense, ce sont de véritables jeux d’enfant.

Qu’un homme ait le droit d’accepter-une réparation pour