Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/62

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


& tels qu’ils ont toujours été dans ma bouche & dans mon cœur. Je vous dirai, de plus, pourquoi j’ai publié la profession de foi du Vicaire, & pourquoi, malgré tant de clameurs, je la tiendrai toujours pour l’Ecrit le meilleur & le plus utile dans le siecle où je l’ai publié. Les buchers ni les décrets ne me feront point changer de langage : les Théologiens, en m’ordonnant d’être humble, ne me feront point être faux ; & les philosophes, en me taxant d’hypocrisie, ne me feront point professer l’incrédulité. Je dirai ma Religion, parce que j’en ai une, & je la dirai hautement, parce que j’ai le courage de la dire, & qu’il seroit à desirer pour le bien des hommes que ce fût celle du genre-humain.

Monseigneur, je suis Chrétien, & sincérement Chrétien, selon la doctrine de l’Evangile. Je suis Chrétien, non comme un disciple des Prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ. Mon Maître a peu subtilisé sur le dogme, & beaucoup insisté sur les devoirs ; il prescrivoit moins d’articles de foi que de bonnes œuvres ; il n’ordonnoit de croire que ce qui étoit nécessaire pour être bon ; quand il résumoit la Loi & les Prophetes, c’étoit bien plus dans des actes de vertu que dans des formules de croyance,*

[*Matth. VII.12] & il m’a dit par lui-même & par ses Apôtres, que celui qui aime son frere a accompli la Loi.*

[*Galat. V.14.]


Moi, de mon côté, très-convaincu des vérités essentielles au Christianisme, lesquelles servent de fondement à toute bonne morale, cherchant au surplus à nourrir mon cœur de