Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/98

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


n’eût point été pendu pour avoir opiné à la douceur envers les Réformés ; les habitants de Merindol & de Cabrieres n’eussent point été mis à mort par arrêt du Parlement d’Aix ; & sous nos yeux l’innocent Calas, torturé par les bourreaux, n’eût point péri sur la roue. Revenons, à présent, Monseigneur, à vos censures, & aux raisons sur lesquelles vous les fondez.

Ce sont toujours des hommes, dit le Vicaire, qui nous attestent la parole de Dieu, & qui nous l’attestent en des langues qui nous sont inconnues. Souvent, au contraire, nous aurions grand besoin que Dieu nous attestât la parole des hommes ; il est bien sûr, au moins, qu’il eût pu nous donner la sienne, sans se servir d’organes si suspects. Le Vicaire se plaint qu’il faille tant de témoignages humains pour certifier la parole divine : que d’hommes, dit-il, entre Dieu & moi !*

[*Emile, Tome II. pag 76, in 4̊. Tome III. p. 16. in 8̊. & in 12̊.]


Vous répondez. Pour que cette plainte fût sensée, M.T.C.F., il faudroit pouvoir conclure que la Révélation est fausse dès qu’elle n’a point été faite à chaque homme en particulier ; il faudroit pouvoir dire : Dieu ne peut exiger de moi que je croye ce qu’on m’assure qu’il a dit, dès que ce n’est pas directement à moi qu’il a adressé sa parole. *

[*Mandement, XV.]


Et tout au contraire, cette plainte n’est sensée qu’en admettant la vérité de la Révélation. Car si vous la supposez fausse,