Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/463

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Qu’aucun de vous n’ait l’audace de poursuivre cette cruelle œuvre jusqu’à ce que j’aye parlé au Roi, je vous promets qu’il ne vous saura pas mauvais gré de ce retard. Frappés de son air grand & noble, les fergens obéirent ; alors elle achemina vers le Roi & le rencontra qui venoit au-devant d’elle.

Seigneur, lui dit-elle, je suis Clorinde ; vous m’avez peut-être ouï nommer quelquefois. Je viens m’offrir pour défendre avec vous la foi commune & votre trône. Ordonnez, soit en pleine campagne ou dans l’enceinte des murs, quelqu’emploi qu’il vous plaise m’assigner, je l’accepte, sans craindre les plus périlleux ni dédaigner les plus humbles.

Quel pays, lui répond le Roi, est si loin de l’Asie & de route du soleil, où l’illustre nom de Clorinde ne vole pas sur les ailes de la gloire ! Non, vaillante guerriere, avec vous n’ai plus ni doute ni crainte, & j’aurois moins de confiance une armée entiere venue à mon secours qu’en votre seule assistance.