Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/575

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Quelques-unes, comme le Fenouil, l’Anet, le Panais, ſont à fleurs jaunes ; il y en a peu à fleurs rougeâtres, & point d’aucune autre couleur.

Voilà, me direz-vous, une belle notion générale des ombelliferes : mais comment tout ce vague ſavoir une garantira-t-il de confondre la Ciguë avec le Cerfeuil & le Perſil, que vous venez de nommer avec elle ? La moindre cuiſiniere en ſaura là-deſſus plus que nous avec toute notre doctrine. Vous avez raiſon. Mais cependant ſi nous commençons par les obſervations de détail, bientôt accablés par le nombre, la mémoire nous abandonnera, & nous nous perdrons dès les premiers pas dans ce regne immenſe ; au lieu que ſi nous commençons par bien reconnoître les grandes routes, nous nous égarerons rarement dans les ſentiers, & nous nous retrouverons par-tout ſans beaucoup de peine. Donnons cependant quelque exception à l’utilité de l’objet, & ne nous expoſons pas, tout en analyſant le regne végétal, à manger par ignorance une omelette à la Ciguë.

La petite Ciguë des jardins eſt une ombelliferes ainſi que, le Perſil & le Cerfeuil. Elle a la fleur blanche comme l’un & l’autre[1], elle eſt avec le dernier dans la ſection qui a la petite enveloppe & qui n’a pas la grande ; elle leur reſſemble aſſez par ſon feuillage, pour qu’il ne ſoit pas aiſé de vous en marquer par écrit les différences. Mais voici des caracteres ſuffiſans pour ne vous y pas tromper.

  1. La fleur du Perſil eſt un peu jaunâtre. Mais pluſieurs fleurs d’Ombelliferes paroiſſent jaunes à cauſe de l’ovaire & des anthères, & ne laiſſent pas d’avoir les pétales blancs.