Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/588

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de ces ſortes de mouvemens. C’eſt par elle que je tiens encore à quelque choſe de bien précieux ſur la terre, & tant que je la conſerverai, je continuerai, quoiqu’on faſſe, à aimer la vie. Voici le tems de profiter de vos bontés ordinaires pour elle & pour moi ; il me ſemble que ma petite offrande prend un prix réel en paſſant par vos mains. Si votre cher époux vient bientôt à Paris, comme vous me le faites eſpérer, je le prierai de vouloir bien ſe charger de mon tribut annuel ; mais s’il tarde un peu, je vous prie de me marquer à qui je dois le remettre, afin qu’il n’y ait point de retard & que vous n’en faſſiez pas l’avance comme l’année derniere, ce que je fais que vous faites avec plaiſir, mais à quoi je ne dois pas conſentir ſans néceſſité.

Voici, chere Couſine, les noms des plantes que vous m’avez envoyées en dernier lieu. J’ai ajouté un point d’interrogation à ceux dont je ſuis en doute, parce que vous n’avez pas eu ſoin d’y mettre des feuilles avec la fleur, & que le feuillage eſt ſouvent néceſſaire pour déterminer l’eſpece à un auſſi mince Botaniſte que moi. En arrivant à Fourriere, vous trouverez la plupart des arbres fruitiers en fleurs, & je me ſouviens que vous aviez deſiré quelques directions ſur cet article. Je ne puis en ce moment vous tracer là-deſſus que quelques mots très à la hâte, étant très-preſſé, & afin que vous ne perdiez pas encore une ſaiſon pour cet examen.

Il ne faut pas, chere amie, donner à la Botanique une importance qu’elle n’a pas ; c’eſt une étude de pure curioſité & qui n’a d’autre utilité réelle que celle que peut tirer un être penſant & ſenſible de l’obſervation de la nature, & des