Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/17

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peut-être à l’intérêt des gens de lettres qu’à l’honneur de la littérature. Je l’avois prévu, & je m’étois bien douté que leur conduite en cette occasion prouveroit en ma faveur plus que tous mes diſcours. En effet, ils n’ont déguiſé ni leur ſurpriſe ni leur chagrin de ce qu’une Académie s’étoit montrée integre ſi mal-à-propos. Ils n’ont épargné contre elle ni les invectives indiſcrètes, ni même les fauſſetés[1] pour tâcher d’affoiblir le poids de ſon jugement. Je n’ai pas non plus été oublié dans leurs déclamations. Pluſieurs ont entrepris de me réfuter hautement : les ſages ont pu voir avec quelle force, & le public avec quel ſuccès ils l’ont fait. D’autres plus adroits, connoiſſant le danger de combattre directement des vérités démontrées, ont habilement détourné ſur ma personne une attention qu’il ne falloit donner qu’à mes raiſons, & l’examen des accuſations qu’ils m’ont intentées à fait oublier les accuſations plus graves que je leur intentois moi-même. C’eſt donc à ceux-ci qu’il faut répondre une fois.

Ils prétendent que je ne pense pas un mot des vérités que j’ai soutenues, & qu’en démontrant une propoſition, je ne laiſſois pas de croire le contraire. C’eſt-à-

  1. On peut voir, dans le Mercure d’Août 1752, le déſaveu de l’Académie de Dijon, au sujet de je ne sais quel écrit attribué fauſſement par l’Auteur à l’un des membres de cette Académie.