Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/239

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De nos Plaideurs Manceaux, les maximes m’étonnent ;

Ce qu’ils ne prennent pas, ils disent qu’ils le donnent.

Passons aux raisons de convenance. Après m’avoir ôte les entrées, tandis que j’etois à Paris, me les rendre quand je n’y suis plus,.n’est-ce pas joindre la raillerie à l’insulte ? Ne savent-ils pas bien que je n’ai ni le moyen, ni l’intention de profiter de leur offre. Eh ! pourquoi diable irois-je si loin chercher leur Opéra, n’ai-je pas tout à ma porte les Chouettes de l foret de Montmorenci ?

Ils ne refusent pas, dit M. Duclos, de me rendre mes entrées. J’entends bien : ils me les rendront volontiers aujourd’hui pour avoir le plaisir de me les ôter demain, & de me faire ainsi un second affront. Puisque ces gens-là n’ont ni foi, ni parole, qui est-ce qui me répondra d’eux & de leurs intentions ? Ne me sera-t-il pas bien agréable de ne me jamais présente à la porte, que dans l’attente de me la voir fermer ne seconde fois. Ils n’en auront plus, direz-vous, le prétexte. Eh ! pardonnez-moi, Monsieur, ils l’auront toujours ; car, si-tôt qu’il faudra trouver leur Opéra beau, qu’on me ramené aux Carrieres ! Que n’ont-ils propose cette admirable condition dans leur marche ! jamais ils n’auroient massacre mon pauvre Devin. Quand ils voudront me chicaner, manqueront- ils de prétextes ? Avec des mensonges, on n’en manque jamais. N’ont-ils pas dit que je faisois du bruit au spectacle, & que mon exclusion etoit une affaire de police ?

Premièrement, ils mentent : j’en prends à témoin tout le Parterre & l’Amphithéâtre de ce tems-là. De ma vie je n’ai