Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/316

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du moins d’une maniere directe, il reste démontré qu’on ne peut trouver dans les sons aucune propriété spécifique par laquelle on les puisse reconnoître séparément, & à plus forte raison qu’il n’y à aucun d’eux qui mérite par préférence d’être, distingue de tous les autres & de servir de fondement aux rapports qu’ils ont entr’eux.

Il est vrai que M. Sauveur avoit propose un moyen de terminer un son fixe qui eut servi de base à tous les tons de l’échelle générale : mais ses raisonnemens mêmes prouvent qu’il n’est point de son fixe dans la nature, & l’artifice très-ingénieux & très-impraticable qu’il imagina pour en trouver un arbitraire, prouve encore combien il y à loin des hypothèses, ou même, si l’on veut, des vértés de spéculation, aux simples regles de pratique.

Voyons, cependant, si en épiant la nature de plus près, nous ne pourrons point nous dispenser de recourir à l’Art pour établir un ou plusieurs sons fondamentaux, qui puissent nous servir de principe de comparaison pour y rapporter tous les autres.

D’abord, comme nous ne travaillons que pour la pratique, dans la recherche des sons nous ne parlerons que de ceux qui composent le système tempéré, tel qu’il est universellement adopte, comptant pour rien ceux qui n’entrent point dans la pratique de notre Musique, & considérant comme justes sans exception tous les accords qui résultent du tempérament. On verra bientôt que cette supposition, qui est la même qu’on admet dans la Musique ordinaire, n’ôtera rien à la variété que le système tempéré introduit dans l’effet des différentes modulations.