Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/317

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En adoptant donc la suite de tous les tous du clavier, telle qu’elle est pratiquée sur les Orgues & les Clavecins, l’expérience m’apprend qu’un certain son auquel on à donne le nom d’ut, rendu par un tuyau long de seize pieds ouvert, fait entendre assez distinctement, outre le son principal, deux autres sons plus foibles, l’un à la tierce majeure, & l’autre à la quinte *

[*C’est-à-dire, à la douzieme, qui est le replique de la quinte & à la dix septieme, qui est la duplique de la tierce majeure. L’octave, & même plusieurs octaves s’entendent aussi assez distinctement, & s’entendroient bien mieux encore, si l’oreille ne les confondoit quelquefois avec le son principal.] auxquels on à donne les noms de mi & de sol. J’écris à part ces trois noms, & cherchant un tuyau à la quinte du premier, qui rende le même son que je viens d’appeller sol ou son octave, j’en trouve un de dix pieds huit pouces de longueur, lequel, outre le son principal sol, en rend aussi deux autres, mais plus foiblement ; je les appel le si & re, & je trouve qu’ils sont précisément en même rapport avec le sol, que le sol & le mi l’etoient avec l’ut ; je les écris à la suite des autres, omettant comme inutile d’écrire le sol une seconde fois. Cherchant un troisieme tuyau à l’unisson de la quinte re, je trouve qu’il rend encore deux autres sons outre le son principal re, & toujours en même proportion que les précédens ; je les appelle fa & la *

[* Le fa qui fait la tierce majeure du re se trouve, par conséquent, dièse dans cette progression, & il faut avouer qu’il n’est pas aise de développer l’origine du fa naturel considère comme quatrieme note du ton : mais il y auroit là-dessus des observations à faire qui nous méneroient loin & qui ne seroient pas propres à cet ouvrage. Au reste, nous devons d’autant moins nous arrêter à cette légère exception, qu’on peut démontrer que le fa naturel ne sauroit être traite dans le ton d’ut que comme dissonance ou préparation à la dissonance.] & je