Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/320

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ton, soit un sol au naturel, c’est-à-dire à la quinte de l’ut naturel, le re du second ton sera surement un la naturel, c’est-a-dire, la quinte du re naturel, le misera un si, le fa un ut &c. & alors on dira qu’on est au ton majeur de sol, c’est-a-dire, qu’on à pris le sol naturel pour en faire le son fondamental d’un autre ton majeur.

Mais si, au lieu de m’arrêter en la dans l’expérience des trois sons rendus par chaque tuyau, j’avois continue ma progression de quinte en quinte jusqu’à me retrouver au premier ut d’ou j’etois parti d’abord, ou à l’une de ses octaves, alors j’aurois passe par cinq nouveaux sons altérés des premiers, lesquels sont avec eux la somme de douze sons différens renfermes dans l’étendue de l’octave, & faisant ensemble ce qu’on appelle les douze cordes du système chromatique.

Ces douze sons répliqués à différentes octaves, font toute l’étendue de l’échelle générale, sans qu’il puisse jamais s’en présenter aucun autre, du moins dans le système tempéré, puisqu’après avoir parcouru de quinte en quinte tous les sons que les tuyaux faisoient entendre, je suis arrive à la replique du premier par lequel j’avois commence, & que, par conséquent, en poursuivant la même opération, je n’aurois jamais que les répliqués, c’est-a-dire, les octaves des sons précédens.

La méthode que la nature m’à indiquée, & que j’ai suivie pour trouver la génération de tous les sons pratiques la Musique, m’apprend donc en premier lieu, non pas à trouver un son fondamental, proprement dit, qui n’existe point, mais à tirer d’un son établi par convention tous les mêmes avantages qu’il pourroit avoir s’il etoit réellement fondamental,