Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/374

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bien l’on n’à pu les embrasser tous dans une regle générale ; ainsi, quand il est question de faire la division d’une note ou d’un tems en trois-parties égales, dans une mesure à deux, à trois, ou à quatre, il faut nécessairement que le Musicien le devine, ou bien qu’on l’en avertisse par un signe étranger qui fait exception à la regle.

C’est en examinant les progrès de la Musique que nous pourrons trouver le remede à ces défauts. Il y à deux cents ans que cet Art etoit encore extrêmement grossier. Les rondes & les blanches etoient presque les seules notes qui y fussent employées, & l’on ne regardoit une croche qu’avec frayeur. Une Musique aussi simple n’amenoit pas de grandes dans la pratique, & cela faisoit qu’on ne prenoit pas non plus grand soin pour lui donner de la précision dans signes ; on négligeoit la séparation des mesures, & l’on se contentoit de les exprimer par la figure des notes. à mesure que l’Art se perfectionna & que les difficultés augmenterez, on s’apperçut de l’embarras qu’il y avoit, dans une grande diversité de notes, de faire la distinction des mesures, & l’on commença à les séparer par des lignes perpendiculaires ; on se mit ensuite à lier les croches pour faciliter les tems, & l’on s’en trouva si bien, que, depuis lors, les caracteres de la Musique sont toujours restes a-peu-près dans le même état.

Une partie des inconvéniens subsiste pourtant encore, la distinction des tems n’est pas toujours trop bien observée dans la Musique instrumentale, & n’à point lieu du tout dans le vocal : il arrive de-la qu’au milieu d’une grande mesure,