Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/389

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La méthode qu’on à adopte pour les instrumens, est visiblement une dépendance de ces défauts, & le rapport direct qu’il à fallu établir entre les touches de l’instrument & la position des notes, n’est qu’un méchant pis-aller pour suppléer à la science des intervalles & des relations toniques sans laquelle on ne sauroit jamais être qu’un mauvais Musicien.

Quelle doit être la grande attention du Musicien dans l’exécution ? C’est sans doute d’entrer dans l’esprit du Compositeur, & de s’approprier ses idées pour les rendre avec toute la fidélité qu’exige le goût de la Piece. Or, l’idée du Compositeur dans le choix des sons, est toujours relative à le tonique, &, par exemple, il n’employera point le fa dièse comme une telle touche du clavier, mais comme faisant un tel accord, ou un tel intervalle avec sa fondamentale. Je dis donc que si le Musicien considere les sons par les mêmes rapports, il sera ses mêmes intervalles plus exacts, & exécutera avec plus de justesse qu’en rendant seulement les sons les uns après les autres les autres, sans liaison & sans dépendance que celle de la position des notes qui devant ses yeux, & de ces foules de dièses & de bémols qu’il ait incessamment présens à l’esprit ; bien entendu qu’il observera toujours les modifications particulieres à chaque ton, qui sont, comme je l’ai déjà dit, l’effet du tempérament, & dont la connoissance pratique, indépendante de tout système, ne peut s’acquérir que par l’oreille & par l’habitude.

Quand on prend un fois un mauvais principe, on s’enfile d’inconvéniens en inconvéniens, & souvent on voit évanouit