Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/571

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au moins des hommages que j’ai rendus a l’Auteur,

Je ne feindrai pas d’avouer que l’écrit intitule : Erreurs sur la Musique, me paroit en effet fourmiller d’erreurs, & que je n’y vois rien de, plus jette que le titre. Mais ces erreurs ne sont point dans les lumieres de M. Rameau, elles n’ont leur source que dans son cœur ; & quand la passion ne l’aveuglera pas, il jugera mieux que personne des bonnes regles de son Art. Je ne m’attacherai donc point a relever un nombre de petites fautes qui disparoîtront avec sa haine ; encore moins défendrai-je celles dont il m’accuse, & dont plusieurs en effet, ne sauroient être niées. Il me fait un crime, par exemple, d’écrire pour être entendu ; c’est un défaut qu’il impute a mon ignorance, & dont je suis peu tente de la justifier. J’avoue avec plaisir, que, faute de choses savantes, je suis réduit a n’en dire que de raisonnables, & je n’envie a personne le profond savoir qui n’engendre que des ecrits inintelligibles.

Encore un coup, ce n’est point pour ma justification que j’écris, c’est pour le bien de la chose. Laissons toutes ces disputes personnelles qui ne sont rien au progrès de l’Art, ni a l’instruction du Public. Il faut abandonner ces petites chicanes aux Commençans, qui veulent se faire un nom aux dépens des noms déjà connus, & qui, pour une erreur qu’ils corrigent, ne craignent pas d’en commettre cent. Mais, ce qu’on ne sauroit examiner avec trop de soin, ce sont les principes de l’Art même, dans lesquels la moindre erreur est une source. d’egaremens, & ou l’Artiste ne peut se tromper en rien, que tous les efforts qu’il fait, pour perfectionner l’Art n’en éloignent la perfection.