Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/58

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée




Lisimon.

Que diable ! il ne me plaît pas, moi. Vous verrez que l’impertinent sera des complimens avec son pere.

Valere.

Le respect....

Lisimon.

Oh ! le respect consiste à m’obéir & à ne me point gêner. Mais, qu’est-ce ? encore en déshabille ? un jour de noces ? Voilà qui est joli ! Angelique n’a donc point encore reÇu ta visite ?

Valere.

J’achevois de me coeffer, & j’allois m’habiller pour me présenter décemment devant elle.

Lisimon.

Faut-il tant d’appareil pour noues des cheveux & mettre un habit. Parbleu, dans ma jeunesse, nous usions mieux du tems & sans perdre les trois quarts de la journée à faire la roue devant un miroir, nous savions à plus juste titre avancer nos affaires auprès des belles.

Valere.

Il semble, cependant, que quand on veut être aime, on ne sauroit prendre trop de soin pour se rendre aimable, & qu’une parure si négligée ne devoit pas annoncer des amans bien occupes du soin de plaire.

Lisimon.

Pure sottise. Un peu de négligence sied quelquefois bien quant ?