Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/590

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préférer par-tout ou elle doit être employée. À la bonne heure, qu’on la préféré quand elle doit être employée : mais cela me prouve : pas qu’elle doive toujours l’être : au -contraire ; c’est justement parce qu’elle est trop harmonieuse & sonore qu’il la faut souvent retrancher, sur-tout dans les accords trop éloignes des cordes principales, de peur que l’idée du ton ne s’éloigne & ne s’éteigne, de peur que d’oreille incertaine ne partage son attention entre les deux sons qui forment la quinte, ou ne la donne précisément a celui qui est etranger a la mélodie, & qu’on doit le moins écouter. L’ellipse n’a pas moins d’usage dans l’harmonie que dans la grammaire ; il ne s’agit pas toujours de tout dire, mais de se faire entendre suffisamment. Celui qui, dans un accompagnement écrit, voudroit sonner la quinte dans chaque accord ou elle entre, seroit une harmonie insupportable, & M. Rameau lui-même s’est bien garde d’en user ainsi.

Pour revenir au Clavecin, j’interpelle tout homme dont une habitude invéterée n’a pas corrompu les organes ; qu’il écoute, s’il peut, l’étrange & barbare accompagnement prescrit par M. Rameau, qu’il le compare avec l’accompagnement simple & harmonieux des Italiens., &’s’il refuse de juger par la raison, qu’il juge au moins le sentiment. entre-eux & lui. Comment un homme de goût a-t-il pu jamais imaginer qu’il falut remplir tous les accords, pour représenter le corps sonore, qu’il employer toutes les dissonances qu’on peut employer ? Comment a-t-il pu faire un crime a Correlli de n’avoir pas chiffre toutes celles qui pouvoient entrer dans son accompagnement ? Comment la plume ne lui tomboit-elle