Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/598

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


de mémoire & hors d’etat de rien lire. Mais je puis du moins consigner ici sommairement quelques-uns des points sur lesquels j’aurois désire vous consulter, afin que les ne soient pas prives des éclaircissemens qu’ils leur vaudront de votre part, & laissant bavarder sur la Musique en phrases, ceux qui, sans en savoir faire, ne laissent pas d’étonner le Public de leurs savantes spéculations ; je me bornerai a ce qui tient plus immédiatement a la pratique, qui ne donne pas une prise si commode aux oracles des beaux esprits, mais dont l’étude est seule utile aux véritables progrès de l’Art.

1 ̊. Vous vous en êtes trop occupe, Monsieur, pour n’a voir m souvent remarque combien notre maniere d’écrire la Musique est confuse, embrouillée, & souvent équivoque ; ce qui est une des causes qui rendent son étude si longue & si difficile. Frappe de ces inconvéniens, j’avois imagine, il y a une quarantaine d’armées, une maniere, de l’écrire par chiffres, moins volumineuse, plus simple &, selon moi, beaucoup plus claire. J’en lus le projet en 1742, a l’Académie des Sciences, & je le proposai l’année suivante au Public, dans une brochure que j’ai honneur de vous envoyer. Si vous prenez la peine de la parcourir, vous y verrez a quel point j’ai réduit le nombre & simplifie l’expression des signes. Comme il n’y a dans l’échelle que sept notes diatoniques, je n’ai non plus que sept caracteres pour les exprimer. Toutes les autres, qui n’en sont que les répliques, s’y présentent a leur degré, mais toujours sous le signe primitif ; les intervalles majeurs, mineurs, superflus & diminues ne s’y confondent jamais de position, comme, dans la Musique ordinaire,