Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/611

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combiner a son gré, pour modifier & graduer l’intérêt, selon. qu’il convient a la marche qu’il s’est prescrite............

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J’oserai même dire que le plaisir de l’oreille doit quelquefois l’emporter sur la vérité de l’expression ; car la Musique ne sauroit aller au cœur que par le charme de la mélodie, & s’il n’etoit question que de rendre l’accent de la passion, l’art de la déclamation suffroit seul, & la Musique, devenue inutile, seroit plutôt importune qu’agréable : voilà l’un des écueils que le Compositeur, trop plein de son expression, doit éviter soigneusement. Il y a, dans tous les bons Opéra, & sur-tout dans ceux de M. Gluck, mille morceaux qui sont couler des larmes par la Musique, & qui ne donneroient qu’une émotion médiocre ou nulle, dépourvus de son secours, quelque bien déclames qu’ils pussent être.............................................................................................

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Il suit de-la que, sans altérer la vérité de l’expression, le Musicien qui module long-tems dans les mêmes tons, & n’en change que rarement, est maître d’en varier les nuances par la combinaison des deux parties accessoires qu’il y fait concourir ; savoir, l’harmonie & le rhythme. Parlons d’abord de la premiere. J’en distingue de trois especes. L’harmonie diatonique, la plus simple des trois, & peut-être la seule naturelle. L’harmonie chromatique, qui consiste en de continuels changemens de ton, par des successions fondamentales de quintes. Et enfin l’harmonie que j’appelle pathétique, qui consiste en des entrelacemens d’accords superflus & diminues, a la faveur desquels on parcourt des tons qui