Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/84

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LéANDRE.

Léandre vous à trop déplu pour que j’ose me prévaloir sous ce nom des graces que j’ai reçues sous celui de Cléonte. Mais si le motif de mon déguisement en peut justifier l’effet, vous le pardonnerez à la délicatesse d’un cœur dont le foible est de vouloir être aime pour lui-même.

Lucinde.

Levez-vous, Léandre ; un excès de délicatesse n’offense que les cœurs qui en manquent, & le mien est aussi content de l’épreuve que le votre doit l’être du succès. Mais vous, Angelique ! ma chere Angelique à eu la cruauté de se faire un amusement de mes peines ?

Angelique.

Vraiment il vous siéroit bien de vous plaindre ! Hélas ! vous êtes heureux l’un & l’autre,tandis que je suis en proie aux alarmes.

LéANDRE.

Quoi ! ma chere sœur, vous avez songe à mon bonheur, pendant même que vous aviez des inquiétudes sur le votre Ah ! c’est une bonté que je n’oublierai jamais. Il lui baise la main.