Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/151

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goût plus ou moins formé, & plus ou moins de pratique de l’Art du Chant. À quoi l’on doit ajouter, dans la Musique imitative & théâtrale, le degré de sensibilité qui nous affecte plus ou moins des sentimens que nous avons à rendre. On a aussi plus ou moins de disposition à Chanter selon le climat sous lequel on est né, & selon le plus ou moins d’accent de sa langue naturelle ; car plus la langue est accentuée, & par conséquent mélodieuse & chantante, plus aussi ceux qui la parlent ont naturellement de facilité à Chanter.

On a fait un Art du Chant, c’est-à-dire que, des observations sur les Voix qui chantoient le mieux, on a composé des regles pour faciliter & perfectionner l’usage de ce don naturel. (Voyez MAÎTRE À CHANTER.) Mais il reste bien des découvertes à faire sur la maniere la plus facile, la plus courte & la plus sure d’acquérir cet Art.

CHANTERELLE, s. f. Celle des cordes du Violon, & des Instrumens semblables, qui a le Son le plus aigu. On dit d’une Symphonie qu’elle ne quitte pas la Chanterelle, lorsqu’elle ne roule qu’entre les Sons de cette Corde & ceux qui lui sont les plus voisins, comme sont presque toutes les Parties de Violon des Opéra de Lully & des Symphonies de son tems.

CHANTEUR, Musicien qui chante dans un Concert.

CHANTRE, s. m. Ceux qui chantent au Chœur dans les Eglises Catholiques, s’appellent Chantres. On ne dit point Chanteur à l’Eglise, ni Chantre dans un Concert.

Chez les Réformés on appelle Chantre celui qui entonne & soutient le Chant des Pseaumes dans le Temple ; il est