Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/164

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n’a-t-il point falu d’autres objections encore pour faire rejetter la méthode de M. Rameau ? Elle étoit nouvelle ; elle étoit proposée par un homme supérieur en génie à tous ses rivaux ; voilà sa condamnation.

CHOEUR, s. m. Morceau d’Harmonie complete à quarte Parties ou plus, chanté à la fois par toutes le Voix par tout l’Orchestre. On cherche dans les Chœurs un bruit agréable & harmonieux qui charme & remplisse l’oreille. Un beau Chœur est le chef-d’œuvre d’un commençant, & c’est par ce genre d’ouvrage qu’il se montre suffisamment instruit de toutes les Regles de l’Harmonie. Les François passent, en France, pour réussir mieux dans cette Partie, qu’aucune autre Nation de l’Europe.

Le Chœur, dans la Musique Françoise, s’appelle quelquefois Grand-Chœur, par opposition au Petit-Chœur qui est seulement composé de trois Parties, savoir deux Dessus & la Haute-contre qui leur sert de Basse. On fait de tems en tems entendre séparément ce Petit-Chœur, dont la douceur contraste agréablement avec la bruyante Harmonie du grande.

On appelle encore Petit-Chœur, à l’Opéra de Paris, un certain nombre de meilleurs Instrumens de chaque genre qui forment comme un petit Orchestre particulier autour de Clavecin & de celui qui bat la Mesure. Ce Petit-Chœur est destiné pour les Accompagnemens qui demandent le plus délicatesse cet de précision.

Il y a des Musiques à deux ou plusieurs Chœurs qui se répondent & chantent quelquefois tous ensemble. On en peut voir un exemple dans l’Opéra de Jephté. Mais cette pluralité