Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/210

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en les écrivant ; & l’on remarquera dans le tout la plus exacte proportion, soit entre les diverses Mesures d’une même Partie, soit entre les diverses parties d’une même Mesure.

À l’exactitude des rapports il faut joindre autant qu’il se peut la netteté des signes. Par exemple, on n’écrira jamais de Notes inutiles, mais si-tôt qu’on s’apperçoit que deux Parties le réunissent & marchent à l’Unisson, l’on doit renvoyer de l’une à l’autre lorsqu’elles sont voisines & sur la même Clef. À l’égard de la Quinte, si-tôt qu’elle marche à l’Octave de la Basse, il faut aussi l’y renvoyer. La même attention de ne pas inutilement multiplier les signes,doit empêcher d’écrire pour la Symphonie les Piano aux entrées du Chant, & les Forte quand il cessé : par-tout ailleurs, il les faut écrire exactement sous le premier Violon & sous la Basse ; & cela suffit dans une Partition, où toutes les Parties peuvent & doivent se régler sur ces deux-là.

Enfin le devoir du Copiste écrivant une Partition est de corriger toutes les fausses Notes qui peuvent se trouver dans son original. Je n’entends pas par fausses Notes les fautes de l’ouvrage, mais celles de la Copie qui lui sert d’original. La perfection de la sienne est de rendre fidèlement les idées de l’Auteur, bonnes ou mauvaises : ce n’est pas son affaire ; car il n’est pas Auteur ni Correcteur, mais Copiste. Il est bien vrai que si l’Auteur a mis par mégarde une Note pour une autre, il doit la corriger ; mais si ce même Auteur à fait par ignorance une faute de Composition, il la doit laisser. Qu’il compose mieux lui-même, s’il veut ou s’il peut à la