Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/211

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bonne heure ; mais si-tôt qu’il copie, il doit respecter son original. On voit par-là qu’il ne suffit pas au Copiste d’être bon Harmoniste, & de bien savoir la Composition ; mais qu’il doit, de plus, être exercé dans les divers styles, reconnoître un Auteur par sa maniere, & savoir bien distinguer ce qu’il a fait de ce qu’il n’a pas fait. Il y a, de plus, une forte de critique propre à restituer un passage par la comparaison d’un autre, à remettre un Fort ou un Doux où il a oublié, à détacher des phrases liées mal-à-propos, à restituer même des Mesures omises ; ce qui r’est pas sans exemple, même dans des Partitions. Sans doute il faut du savoir & du goût pour rétablir un texte dans toute sa pureté : l’on me dira que peu de Copistes le sont ; je répondrai que nous le devroient faire.

Avant de finir ce qui regarde les Partitions, je dois dire comment on y rassemblé des Parties séparées ; travail embarrassant pour bien des Copistes, mais facile & simple quand on s’y prend avec méthode.

Pour cela il faut d’abord compter avec soin les Mesures dans toutes les Parties, pour s’assurer qu’elles sont correctes. Ensuite on pose toutes les Parties l’une l’une sur l’autre en commençant par la Basse & la couvrant successivement des autres Parties dans le même ordre qu’elles doivent avoir sur la Partition. On fait l’Accolade d’autant de Portées qu’on a de Parties ; on la divise en Mesures égales, puis mettant toutes ces Parties ainsi rangées devant soi & à sa gauche, on copie d’abord la premiere ligne de la premiere Partie, que je suppose être le premier Violon ; on y fait une légere