Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/267

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le Clavier ; de maniere qu’on n’ait rien de géné dans l’attitude ; ce qui oblige d’exclure communément le pouce de la main droite, parce que les deux pouces posés sur le Clavier & principalement sur les touches blanches donneroient aux bras une situation contrainte & de mauvaise grace. Il faut observer aussi que les coudes soient un peu plus élevés que le niveau du Clavier, afin que la main tombe comme d’elle-même sur les touches ; ce qui dépend de la hauteur du siege : 2º.De tenir le poignet à-peu-près à la hauteur du Clavier ; c’est-à-dire, au niveau du coude, les doigts écartés de la largeur des touches & un peu recourbés sur elles pour être prêts à tomber sur des touches différentes. 3º. De ne point porter successivement le même doigt sur deux touches consécutives, mais d’employer tous les doigts de chaque main. Ajoutez à ces observations les regles suivantes que je donne avec confiance, parce que je les tiens de M. Duphli, excellent Maître de Clavecin & qui possede sur-tout la perfection du Doigter.

Cette perfection consiste en général dans un mouvement doux, léger & régulier.

Le mouvement des doigts se prend à leur racine ; c’est-à-dire, à la jointure qui les attache à la main.

Il faut que les doigts soient courbés naturellement, & que chaque doigt ait son mouvement propre indépendant des autres doigts. Il faut que les doigts tombent sur les touches & non qu’ils les frappent, & de plus qu’ils coulent de l’une à l’autre en se succédant ; c’ est-à-dire, qu’il ne faut quitter une touche qu’après en avoir pris une autre. Ceci regarde particuliérement le jeu François.